8 pistes pour créer un verger en ville

Qui dit ville dit espaces restreints pour cultiver, souvent hors sol afin d'éviter les problématiques de pollution. Dans un tel contexte, on ne pense pas qu'il soit possible de créer un verger... Et pourtant les possibilités pour ce faire sont multiples ! Voici donc quelques pistes pour créer son espace fruitier en plein milieu urbain.

Piste n°1 : Choisir des porte-greffes nanifiants et/ou des arbres fruitiers nains

 

La plupart des arbres fruitiers cultivés sont greffés, c'est à dire composés d'un porte-greffe, plongeant ses racines dans la terre, sur lequel a été implanté un greffon qui assure le développement des branches, feuilles et fruits.

C'est essentiellement le type de porte-greffe qui détermine la vigueur de l'arbre, c'est à dire la rapidité et l'ampleur de sa croissance.

 

En milieu urbain où l'on dispose en règle générale de peu d'espace, il est donc logique de faire le choix de portes-greffes dit "nanifiants" car entraînant un développement très limité de l'arbre, tout en hâtant sa mise à fruit.

 

Les arbres nains sont conduits en basse-tige, c'est à dire que la taille du tronc ne dépassera pas 80 cm de hauteur. Ils peuvent être implantés en pots, a minima d'un volume de 40 litres et au mieux de 100 litres pour une croissance saine de leur système racinaires.

 

Ainsi en portes-greffes nanifiants nous avons par exemple l'EM 9 pour le pommier (qui reste alors limité à 3 mètres de hauteur) ou le cognassier pour le poirier.

 

Les pépiniéristes proposent aujourd'hui à la vente des sujets nains déjà greffés pour la plupart des espèces, comme le pêcher "Crimson" ou le prunier "Goldust".

Piste n° 2 : Faire courir des fruitiers lianescents

 

Les supports verticaux sont nombreux en ville (murs, murets, grilles...), nous pouvons donc profiter pour en faire des supports de fruitiers lianescents, c'est à dire se comportant comme des lianes.

 

Les espèces les plus communes sont le kiwi (Actinidia deliciosa) et la vigne, mais d'autres espèces font partie de type de plantes dont le kiwaï (Actinidia arguta, un proche cousin du kiwi dont on peut manger la peau), la passiflore (à la floraison durable et très esthétique) et le houblon (qui intéressera les amateurs de bières mais également les herboristes grâce à ses propriétés médicinales).

Piste n°3 : Cultiver des fruits rouges

 

Les fruits rouges se contentent d'une faible épaisseur de sol et sont donc bien adaptés aux bacs et autres conteneurs hors sol. Pour avoir une bonne production, tous apprécieront des apports de compost et une taille annuelle des vieilles pousses. A maturité, ils forment des buissons de 2 à 3 mètres de hauteur, dont il faut savoir contenir l'expension. On y compte :

  • le framboisier : bien qu'il préfère les sols légers et riches en humus, il peut s'implanter sur tout type de terrain (éviter toutefois les endroits très secs ou avec une humidité stagnante en hiver).
  • le cassissier, le groseillier à maquereaux la casseille (hybride entre les deux précédents) et le groseillier à grappes s'acclimatent dans tous les milieux, mais éviter les sites les plus exposés au soleil. Leur bouturage est très facile, permettant une extension rapide des cultures.
  • la myrtille : celle-ci préfèrera un sol acide, un arrosage régulier et un mulch d'écorces de pin ou de broyat de branches.

Piste n°4 : Créer des pièges à chaleur

 

Un piège à chaleur ce peut être un châssis, une serre ou plus simplement un recoin bien exposé au soleil et disposant d'une forte masse thermique (pierres, murs, bidons d'eau...) qui emmagasinera la chaleur du soleil pendant la journée et la restituera aux plantes durant la nuit.

 

Un piège à chaleur est utile à la réalisation des semis, à la création d'une micro-pépinière ou encore à la culture des agrumes, exigeants en chaleur - en France les variétés de citron les plus résistants aux températures d'hiver sont "Yuzu" (Citrus junos, provenant du Japon) et "Meyer" (hybride d'oranger et de citronnier).

Piste n°5 : Offrir des habitats aux pollinisateurs

 

Outre la régénération de la biodiversité qu'elle permet, la création d'habitats pour les pollinisateurs maximisera les chances de pollinisation de vos fruitiers, nécessaire à une bonne production (sauf quelques plantes se reproduisant sans l'aide des insectes, tel le noisetier ou la myrtille).

 

Parmi les pollinisateurs on compte de nombreuses espèces de guêpes, mouches et abeilles sauvages. Des hôtels à insectes comprenant des briques creuses, des tiges creuses ou encore des morceaux de bois percés fourniront des habitats idéals à ces insectes, à condition d'être protégés des oiseaux par une grille !

 

Piste n°6 : Essayer les fruitiers colonnaires

 

Création relativement récente, les fruitiers colonnaires sont des variétés naines réalisant leur production sur de très petites branches et occupant ainsi un espace minimal. 

 

Mesurant d 1m50 à 3m de hauteur, ces arbres peuvent se planter à 1 mètre les uns des autres et peuvent s'implanter dans des pots de 15 litres (minimum). Si la taille,  à réaliser 2 fois par an, est facile, il faut par contre veiller à assurer un arrosage régulier des pots, vite asséchés.

 

On trouve ainsi dans ce type de fruitiers le cerisier "Shangai", le pommier "Cheverny" ou encore le prunier "Toronto". 

 

Ces arbres nains peuvent servir de tuteurs à d'autres plantes du potager, comme les tomates cerises !

Piste n°7 :  Cultiver des fraises sur tous supports

 

Ne nécessitant qu'une très faible épaisseur de sol, les fraisiers se prêtent bien aux aménagements urbains, qu'ils soient implantés dans des gouttières réaménagées, des palettes ou des pots verticaux ("tour à fraises").

 

Se reproduisant végétativement grâce à des stolons, les fraisiers s'épuisent au bout de 4 ans et doivent alors être remplacés. Ils apprécient des terreaux riches en humus et frais, et des situations mi-ombragés.


Piste n°8 : Greffer arbustes et arbres dans les friches urbaines

 

Résultats d'activités économiques transférées sur d'autres sites, de projets immobiliers abandonnés ou du départ de services publics, les friches sont nombreuses dans les milieux urbains.

 

Après la pousse des premières plantes pionnières herbacées (pissenlit, chiendent, plantain, achillée millefeuille...), les ronces font leur apparition, secondées par des arbustes pionniers (aubépine, arbousier...), dont plusieurs peuvent être greffés afin de faire de la friche un verger sauvage - une pratique développée par Maurice Chaudière, qu'il expose dans son ouvrage "De greffes en greffes, la forêt fruitière".

 

Ainsi est possible de greffer :

  • Un pistachier sur un térébinthe (un arbuste abondant dans le sud de la France, en particulier en zone littorale)
  • Un cerisier aux fruits comestible (des espèces Prunus avium ou Prunus cerasus) sur un cerisier Saint-Lucie (Prunus mahaleb), arbre pionniers aux fruits trop acides pour être consommés
  • Un prunier sur un prunellier
  • Un pêcher sur un abricotier sauvage
  • Un poirier sur une aubépine (de bons résultats ont été obtenu avec l'aubépine ergot de coq, Crataegus crus-galli) - plus globalement, il est possible de greffer sur l'aubépine de multiples espèces de la famille des rosacées comme le cognassier, l'amélanchier du Canada ou le néflier

Si vous souhaitez creuser le sujet, Le Jardin Ressource organise du 28 mars au 1er avril 2018 un stage de 5 jours avec pour thème "Verger et Jardin-Forêt en Permaculture". Il se tiendra dans un jardin-forêt de 8000 m² cultivé depuis plus de 10 ans sur la commune du Cellier, à l'est de Nantes.

Pour connaître le programme détaillé du stage, ses modalités pratiques et vous inscrire en ligne : https://www.lejardinressource.fr/agenda-du-jardin-ressource/

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